Ma vie à fond les ballons; voyages, balades, découvertes et bons plans..
Je suis piegée, acculée, coincée...
Je me suis fait avoir comme une bleue, mais bon ça c'est usuel, hein, me direz-vous.
Piegée, par qui et comment?
Eh bien, par la seule personne hautement toxique de mon entourage; ma vénéneuse Maman.
Non, ne fuyez pas, je ne vais pas encore me plaindre qu'elle est méchante et que je ne veux plus jamais la voir, pour, deux semaines après, me précipiter dès qu'elle m'aura sonnée.
Du tout.
Mais n'empêche que je me suis quand même fait avoir.
Allez, je vous explique.
Et pour se faire, il faut remonter a bien avant l'été, quand un samedi de carnaval, on est passé prendre l'apéro chez ma mère.
Si j'avais réussi à couper les ponts assez longtemps, ma mère m'a remis le grappin dessus à cette occasion.
-"Eh Flo, ils sont beaux tes ongles, tu veux bien m'en faire aussi?
-heu ben oui", ai-je répondu, terrorrisée par avance à l'idée de devoir toucher les mains de ma propres mères.(Du coup, je les ai faits, mais j'ai passé l'après midi ultra gênée en sueur, et toute tremblante, lol; j'ai cru que je n'y arriverais jamais)
Et c'est là, au détour d'une conversation que je me suis faite eue, lol.
-"je vais aux Antilles, cette année à Noël", me dit-elle
-"ah bon? tu pars quand?
-je ne sais pas, je n'ai pas encore pris mon billet, j'ai pas encore l'argent.
-ah oui, ça coûte combien?"
Je vous jure, je n'ai rien vu venir.
Je vous jure, je ne me suis pas méfiée.
Je ne sais pas comment, par quel tour de passe-passe tout cela s'est produit, toujours est-il que quand je suis repartie, j'ai eu la désagrable sensation que ma mère croyait fermement que je paierais ce-dit billet.Alors que je n'ai rien dit de tel, je vous l'assure.
En rentrant, j'en parle à Mister, qui me dit direct, qu'il savait qu'elle avait quelque chose à me demander vu comment elle avait été sympa ces derniers temps.(même si tout est relatif dans la sympathie de ma mère, lol)
Je laisse couler, jusqu'à ce qu'elle revienne à la charge.
Et la semaine dernière, je reçois un coup de fil de sa part, auquel je me garde bien de répondre, mais dont le message disait ceci.
"-il faudrait que tu te dépêches pour le billet, je te donne les dates de mes vacances"
Sauf que Mister refuse catégoriquement de payer quoique ce soit comme billet, aussi peu cher soit-il.
Il faut savoir que Mister a assisté à beaucoup de choses; que ma mère est très néfaste et que quand je l'ai connu il m'a dit que si sa mère lui avait le quart de ce que la mienne m'a fait, il ne lui adresserait pas la parole.
Sauf qu'aux Antilles, on n'abandonne pas ses parents. Il est impossible pour moi de ne pas parler à ma mère même de loin en loin.J'ai été elevée ainsi.
Vous devez vous demander pourquoi tant de différences entre mes soeurs et moi, au niveau de ma mère?
Eh bien parce que contrairement à mes soeurs, avec qui elle s'est arrêtée aux vacheries de l'adolescence, elle n'a jamais cessé de m'en faire, des vacheries et pas des petites, hein.
Parce que j'étais la plus virulente dans les bagarres, quand on essayait de la convaincre de foutre à la porte, ce mec qui l'a battue et trompée pendant des années.
Parce que j'étais la plus virulente au procès de mon père.
Parce que j'ai une grande gueule, et contrairement à mes soeurs, je n'ai pas l'habitude de m'écraser tout simplement parce que je n'arrive pas à faire comme si de rien n'était; parce que je n'ai pas le don qu'elles ont de se convaincre que rien n'est arrivé, que ma mère est belle est gentille.
J'ai croisé ma plus jeune soeur l'an dernier à Montpellier où elle habite et elle m'a elle-même avoué qu'elle n'était pas aveugle, qu'elle voyait bien ce qui se passait, mais qu'elle preferait faire comme si de rien...alors..
Je crois que mes soeurs préfèrent se taire pour maintenir la frêle accalmie instaurée entre ma mère et elles, alors que moi je préfère crever les abcès pour ensuite repartir sur de bonnes bases; ce qui n'est pas possible, puisqu'à chaque fois de nouvelles méchancetés s'ajoutent aux anciennes.
A croire que j'aime les conflits en fait; parce que si je me taisais parfois, eh bien tout se passerait bien. Le tout est de faire comme elle veut, ça ne va pas chercher plus, mais je n'y arrive pas.
Bref, si je vous raconte ça c'est que même si Mister a fini par me dire de faire comme je voulais, je ne sais pas si c'est la bonne solution de le payer, ce billet.
Sauf que si je ne le fais pas, mes enfants qui sont à chaque fois ravis du peu qu'ils voient leur grand-mère, ne la reverront plus avant des lustres; elles nous ignorera pendant un certains temps,c'est sûr.
Le prix à payer est soit en euros, soit en sentiments.
Et comme d'habitude, ce sont mes enfants qui en pâtiront.
Qu'auriez vous fait, vous?