Comme tout lemonde dans mon entourage, le sait, dans 8 jours, je devrais entrer à l'hôpital pour me faire enlever celles qui sont devenues presqu'une partie de moi à part entière, mes hernies.
Ca fait un an que ça traine, une année entière de cachets anti-douleurs, de grimaces, de torsions, celà du lever au coucher du soleil.
Heureusement que je suis une bonne vivante et que je n'ai pas laissé ces salouperies me pourrir la vie, car sinon ça aurait été une bien triste année.
Comme m'a dit le neurochirurgien avec son accent tout droit venu de Roumanie :
-"quand on part en vacances, c'est qu'on n'a pas mal".
Phrase à laquelle je lui ai répondu que je n'étais pas du genre à me laisser pourrir la vie, même quand ça fait mal.
J'ai donc profité, je suis partie en vacances, en week-end, j'ai accompagné mes enfants au bowling, on est partis à Disney, au Futuroscope, je suis même montée tout en haut de la gigantesque Dune du Pyla, en train, en voiture, on a fait du bâteau, j'ai largement galipetté avec Mister, bref, j'ai vécu comme à la normale, quoi.
Mais ça fait mal quand même.
Une année d'hésitation aussi.
Aussi bien pour les nombreux médecins qui m'entourent, à savoir généraliste, allergologue, pneumologue hématologue, neurochirurgien et anesthésiste,que pour moi.
Jusqu'à il n'y a pas longtemps, personne ne voulait m'ouvrir le dos, argant que les risques infectieux étaient trop elevés pour une personne porteuse d'un myelome en plus.
Finalement, le neurochirurgien a donné son accord, et la décision finale nous est revenue à Mister et moi.
Les risques d'une opération sont les mêmes pour tout le monde, à savoir les risques liés à l'anesthésie, les risques de me voir restée paralysée.(infimes, je vous rassure, si le neuro connait bien son métier)
Là ou ça se corse, c'est que le myelome me laissant peu de défenses immunitaires, l'ouverture de mon dos près de ma colonne vertébrale offre une porte ouverte à toutes les infections contre lesquelles mon organisme ne pourra pas lutter, donc.
Deux choix s'offrent à moi : soit j'accepte l'opération avec les risques que cela comporte, soit je refuse avec toutes les douleurs que ça engendre.
Après, avoir bien refléchi, ma décision est prise.
Je vais me faire opérer, et si je ne danserais de toute façon pas à Noël, je n'aurais en tout cas plus mes huit compagnons de la journée, j'ai nommé mes anti-douleurs.
De toute façon, je ne pense pas qu'on puisse vivre à long terme, avec une telle douleur qui nous scie le bas du dos en permanence.
Pour cette opération, toutes les précautions seront prises.
Dans neuf jours, je vais me faire ouvrir le dos.
Dans dix jours, je me serais levée avec l'aide du kiné.
Dans treize jours, je serais à nouveau chez moi.
Et j'entamerai enfin ma nouvelle vie.
Sans hernie.
Photo prise l'an dernier, par jour de grand vent, à La Pointe du Raz