Ma vie à fond les ballons; voyages, balades, découvertes et bons plans..
Hier soir je regardais une émission sur les années 80; il était tard, je n'avais pas sommeil, et je suis tombée dessus par hasard..
A un moment, il y a eu la séquence des dessins animés, et je me suis retrouvée à fredonner à 2 heures du matin, au fond de ma lit, dans ma vie d'adulte de 37 ans déjà...
Et comme souvent quand on regarde ce genre d'émissions, j'ai été prise d'une vague de nostalgie..
Et je me suis demandé, ce que je pouvais bien me dire quand j'étais gosse et que je regardais tous ces dessins animés.
En fait, il y a eu un avant et un après dans mon enfance.
Dans celle d'avant, je ne me souviens pas avoir été malheureuse du tout, même que j'avais tout ce qui était nécessaire pour l'équilibre d'une gamine.
Dans celle d'après, c'était l'apocalypse, la débâcle et je me disais que vivement que je grandisse, que je me barre de cet enfer glauque et pourri.
Parfois je me dis qu'en fait c'est parce que je ne me souviens pas, et que ça a toujours été n'importe quoi.
Mais bon, je me rappelle surtout que je me disais des choses de gosses, que je serai avocate, que je mangerai des paquets entiers de bonbons, que je m'acheterai mille et une chose quand j'aurais mes sous, que je serai libre, enfin.
Je ne suis pas devenue avocate, je n'ai pas mangé des paquets entiers de bonbons non plus, j'ai juste grandi, puis vieilli.
Hier soir, je me demandais quand même, si j'étais loin de celle que je voulais devenir..
Et en fait oui. Parce que c'est venu sur le tard, cette envie de préserver les gens, d'aider les autres, de ne jamais, quoiqu'il arrive ternir mon intégrité et ce que je suis.
A vingt ans, je ne pensais pas aux autres, j'avais tellement galéré que je n'avais qu'une idée en tête, me barrer, survivre, et enfin commencer à vivre.
A 30 ans, j'avais déjà beaucoup changé. C'est à peu près là que je suis devenue MissCo...et que tout a changé pour moi; j'ai pris consience que malgré les années passées, je m'en étais mieux sortie que d'autres, et ce, très largement..peut-être parce que j'ai un mental en béton armé, ou peut-être que je suis juste passée entre les mailles du filet....
Pour certains une galère est forcément synonyme de poisse, et parfois une de mes amies, me dit que je suis poissarde. J'ai horreur de ça, d'ailleurs, tout simplement parce que ça n'existe pas les vies où il n'arrive rien aux gens, et que tant que je suis encore en vie, rien n'est si grave que ça..et qu'en plus, je crois même que je suis plutôt chanceuse, dans ma vie en général...
Oui bon ne me râbachez pas ces histoires de santé, ça n'a rien à voir, on n'y peut rien, et se dire qu'on a la guigne ne changerait rien au truc. Je ne raisonne pas du tout en ces termes de "pourquoi moi" alors je ne me considère pas moins bien lotie à ce niveau que d'autres. C'est la vie, j'ai pas choisi, et réagir en ce sens serait juste ridicule; d'ailleurs, je pense que c'est ce qui empêche d'avancer, justement.
Le temps perdu à se lamenter ne se rattrappe pas pour autre chose de bien, alors non c'est pas ma came, ça.
A 37 ans, hier donc, je me disais que pourquoi je ne me bougeais enfin, pas plus que ça...pourquoi je n'avançais plus en direction de ce que j'ai toujours voulu faire.
Samedi au pressing, j'ai croisé un petit bout de dame, en grande discussion avec la taulière...elle racontait qu'elle n'avait pas le temps, ou peut-être pas la force de se ré-orienter professionnellement, qu'elle ne saurait pas, qu'elle ne pourrait pas....
On m'a demandé mon avis, et je me suis retrouvée, au milieu de toutes ces odeurs de "propres", à motiver ce petit bout de nana de 45 ans, pour qu'elle réalise enfin son rêve, somme toute très simple, faire de la couture et fabriquer ses propres vêtements, et pourquoi sa propre ligne de fringues, un jour..
Alors hier soir, en chantonnant sur Lady Oscar, je me suis dit qu'il était temps. L'heure est venue, j'ai assez flemmardé.
Ce matin, j'ai pris mon téléphone, et pour commencer, je me suis ré-inscrite à une assocation d'aide aux plus démunis. J'ai rendez-vous dans deux semaines.
Et peut-être que dans 10 ans, j'aurai pu monter ma propre association, ou que sais-je, je ne serai plus dans mon sud chéri, mais quelque part dans ce monde, à enfin me rendre utile.
En attendant, il me reste quelques années à faire grandir mes poussins...ce n'est que le début de ma future nouvelle aventure, quand eux seront grands..