Ma vie à fond les ballons; voyages, balades, découvertes et bons plans..
Hier j'ai été cherché ma fille au collège.
Je n'y vais pas souvent, puisqu'elle prend le bus scolaire qui la dépose devant chez nous, mais parfois je ne peux pas y échapper.
Oui,oui, y échapper parce que je déteste aller chercher ma gazelle au collège.
Autant en primaire, j'adorais et j'étais la première devant la porte, autant là, je traîne des pieds tant que possible.
Et hier ça n'a pas loupé.
J'ai eu le même sentiment que les autres fois.
Je regarde ce petit garçon trapu, qu'on imagine sans peine 10 ans plus tard, le maillot de foot, la veste de survêt' fermée, les cheveux un peu longs derrière.
Je le suis des yeux, le regarde sortir une vieille roulée toute fripée de son sac; il se cache pour l'allumer discrètement, la serre à l'intérieur de sa main, comme font tous les jeunes qui ne veulent pas se faire attraper la clope au bec; moi y compris à une certaine époque lointaine où je fumais parfois.
Je le perds des yeux et observe cette jeune fille au pantalon très moulant, au booty très voyant et aux pieds chaussés du même genre de botte que les miennes, mais aux talons bien plus hauts.
Je reste tétatinée devant le string couleur turquoise pétant, qui ressort de son pantalon quand elle se baisse pour ranger quelque chose dans son cartable, heu, pardon son sac, cartable ça fait trop gamin.
Ma fille arrive.
Et je trouve qu'elle fait gamine.
Elle n'est qu'en 6ème certes, mais elle reste quand même assez bébé, assez peu formée par rapport à certaines de ses copines.
Je lui demande si elle connait le petit garçon à la clope roulée qui tire dessus tel un vieux routier sur le retour, et la fille au string turquoise.
-"Ah oui le garçon, c'est Clément, il est en 5ème, il fait comme son grand-frère François qui lui aussi fume des roulés; et la fille c'est Sophie de 4ème, mais elle a été obligée de garder son pull toute la journée, le principal a prévenu ses parents, elle n'a pas le droit de s'habiller comme ça, dans l'enceinte du collège."
Je ne réponds pas, je n'ai rien à dire.
Ma fille est au collège.
Et un jour, pas si lointain, elle sera comme cette jolie jeune fille, devant laquelle nous passons pour rejoindre la voiture, qui s'agrippe au bras de son Prince Charmant au cas où il s'envolerait.
Ma fille est au collège, elle grandit.
Et même si on sait que c'est inéluctable, ça met une sacrée claque.