Ma vie à fond les ballons; voyages, balades, découvertes et bons plans..
Hier, j'ai donc été faire une superbe (lol) manucure à ma mère, en résine acrylique pour qu'elle puisse être belle pour ses vacances.
Tout s'est bien passé, mes petits traîtres de gamins étaient ravis de la voir, et la réclame de plus en plus; je sens que je n'auais bientôt plus le choix de leurs visites plus régulières à leur grand-mère.
Sur le soir, mon frère a débarqué avec ses princesses, Anissa et Salima.
A chaque fois que je vois ces deux gamines aux yeux pétillants, mon coeur de mère se serre.
Comme je l'ai déjà dit dans les pages de ce blog, elles ont perdu leur mère d'un cancer du sein, l'an dernier.
La maman Saadia, douce marocaine, à la peau couleur miel, et au regard débordant de gentillesse est morte brutalement après une bataille longue de trois années.
Elle s'est battue avec courage tant qu'elle a pu, elle a su avant tout le monde qu'elle était condamnée, elle l'a caché à son mari et à ses enfants, pour que les derniers moments de sa vie soient les meilleurs pour eux.
Pendant six mois, elle s'est levée, s'est occupé de sa famille, a vécu tout en sachant qu'elle allait mourir.
Je n'ai su tout celà qu'après.
Nous les avions croisés par hasard dans un centre commercial quelques temps avant sa mort, et elle me disait que tout allait bien.
Mon frère et moi n'étions pas du tout proche; quelques visites de loin en loin, 4 ou 5 fois, à chaque fois chez ma mère en 15 ans.
Rien ne laissait présager, ne vivant pas au quotidien avec elle, qu'elle allait nous quitter, comme ça sans crier gare.
Mes soeurs et ma mère m'ont délibérèment évincée de tout ce qui a entouré sa mort; pour me préserver paraît-il, étant moi-même atteinte d'un cancer. (pour celles qui ne savaient pas, rien de grave, je vous rassure, je suis encore debout, lol)
Elles se sont accaparées mon frère, voulant l'aider, voulant s'occuper des filles; avec les meilleures intentions du monde, il est vrai.
Même si je sais que l'influence de notre mère peut être très néfaste (à peine Saadia enterrée, elle disait à mon frère qu'il fallait qu'il se remarie); je dois avouer qu'elle l'aide beaucoup.
Je ne me suis pas immiscée dans sa vie à cette époque là; du tout; j'ai juste fait savoir que je prendrais mes nièces et les adopterais, le jour où mon frère au plus bas de son moral, à évoqué la possibilité de les envoyer vivre au Maroc.
Heureusement, ça ne c'est pas fait; il a courageusement relevé la tête, pas facile après 20 ans de vie commune. (il a 39 ans, je vous laisse faire le compte).
Saadia et lui, c'était plus qu'une histoire d'amour; il était déjà converti à l'Islam, quand il l'a rencontrée; pour ses propres raisons, et il faut avouer, que cette voie là, l'a grandement apaisé et l'a changé du tout au tout. (parfois les gens ont dû mal à comprendre qu'on veuille trouver la paix dans une autre religion; une amie Juive m'a dit qu'elle trouvait absurde de se convertir, on n'est pas né Juif ou musulman, on n'a pas à l'être!!Quelle belle leçon de tolérance!!
)
Mais Saadia est morte l'an dernier.
De cette belle famille, il ne reste plus qu'un père et ses deux filles, brisés à jamais par cette roue du destin qui tourne et s'arrête au hasard, sans se soucier de qui elle a choisi.
Mon frère a un courage exemplaire, il allie le travail, l'éducation de ses filles et son chagrin incommensurable, le front haut, le regard fier.
Je ne sais que trop bien les ravages et le chaos que laisseraient ma mort dans ma propre famille, mais je ne peux imaginer ce qu'il vit vraiment.
-"Mais je vis", m'a t'il dit.
Et Saadia est morte, elle. Laissant deux orphelines de mère aux coeurs lourds de tristesse.
Mon frère s'appelle Ali, de son prénom musulman.