Ma vie à fond les ballons; voyages, balades, découvertes et bons plans..
Hier soir, tard dans la nuit, j'ai fini de lire l'histoire de Zana et Nadia Muhsen vendues par leur père en 1980, mariées de force et retenues de force au Yemen, pendant 8 ans, pour l'une et à priori encore jusqu'à maintenant pour l'autre.
J'ai lu ce livre de nombreuses fois, je l'ai tellement lu, que les pages sont abîmées, que les coins sont tout cornés. Quand j'ai quitté mon ex-mari et que j'ai dû tout laisser y compris mes précieux livres, c'est le premier que j'ai racheté.
Et encore hier soir; je me suis endormie bouleversée.
Cette histoire me prend aux tripes à chaque fois que j'ouvre ce livre; d'ailleurs je le lis et le relis en deux jours tellement je ne peux pas décrocher d'une fin que je connais pourtant déjà.
A l'époque, j'avais lu aussi le livre de Betty Mahmoody "jamais sans ma fille" qui racontait comment elle avait dû fuir à travers les montagnes, pour quitter un mari violent, désireux de rester vivre en Iran au détriment des désirs de sa femme et de sa fille.
J'avais déjà été émue, mais pas à ce point; là, je n'arrête pas d'y penser, je me dis que quand même, la plus jeune soeur, Nadia aura passé la plus grande partie de sa vie là-bas, et qu'elle y est certainement encore, oubliant peu à peu ce qui a fait sa vie de sa naissance jusqu'à ses quatorze ans..
Je me dis que quand même, leur maman a eu son lot de souffrance aussi, ses deux premiers enfants étant partis soi-disant en vacances, à l'âge de 3 et 4 ans, et n'étant revenus qu'à la vingtaine largement entamée, mariée pour la fille...
Comment peut on faire des enfants à une femme, et les lui enlever par la suite, au nom de la culture qu'on veut qu'ils aient? Pourquoi lui même, le père, vit en Angleterre, alors?
Des années après, rebelotte; ce père vend deux de ses autres filles pour leurs nationalités et leur inflige par personnes interposées une vie d'esclavage, de soumission, et le pire,de viols, tellement loin de la liberté qu'elles auraient pu avoir en Angleterre.
Bien sûr que tous les Yéménites ne sont pas ainsi, bien sûr que l'Islam ne cautionne certainement pas cela...Et en aucun cas, je ne mets tout le monde dans le même panier;
Mon frère, lui-même, s'est converti à l'Islam et non pas juste pour pouvoir épouser son amoureuse Saadia, mais parce qu'il a trouvé la paix en adhérant aux valeurs que véhicule cette réligion; en tout cas, cela lui correspond, à lui, pour sa vie et ses enfants. Il a deux filles, et bien sûr, jamais il ne lui viendrait à l'idée de les vendre, ou même de les envoyer au pays pour en faire de bonnes épouses Musulmanes.
Certes, l'histoire se passe en 1980 et pas mal de choses ont changées depuis,mais en 1992, Zana Mushen tentait encore despérement de faire revenir sa soeur; ce n'est pas si loin...
Je n'ai plus de mots pour parler de ce triste destin.
Et en fermant ce livre, on ne peut s'empêcher de frémir pour toutes les femmes musulmanes ou non, prisonnières dans leurs propres vies.

